S&p Global rating relève les notations de crédit souverain du Cameroun

S&p Global rating relève les notations de crédit souverain du Cameroun

Dans une publication du 22 mars 2024, cette agence les a fait passer de « CCC+/C » à « B-/ assorties de perspectives stables.

La qualité de la signature du Cameroun vient d’être à nouveau appréciée au niveau international. En effet, l’agence de notation financière Standard and Poor’s (S&P Global Ratings) a relevé vendredi 22 mars 2024, les notations de crédit souverain à long et à court terme en devises locales et étrangères du Cameroun. Elles sont passées de « CCC+/C » à « B- » assorties de perspectives stables. Une performance qui intervient moins d’un an après que cette agence ait dégradé la note souveraine en devises à long et à court termes du Cameroun de 6 crans le 8 août 2023. Elle passait alors de « B-/B », catégorie appelée « très spéculatif », à « SD/SD », correspondant à « défaut partiel ». Cette dégradation suivait celle de Moody’s qui, pour cause « de retard de paiement de sa dette extérieure à la fin de l’année 2022 et en 2023, dont un à Deutsche Bank Spain », a décidé de baisser la note du Cameroun le 27 juillet 2023. Celle-ci passe de B2 à Caa1, soit une chute de 5 paliers.

LES améLioRatioNS SigNiFiCativES RELEvéES

Selon Standard & Poor’s, la notation actuelle résulte de la mise en balance des risques découlant de la gestion des finances publiques, de la volatilité des termes de l’échange et de la situation sécuritaire fragile, avec des facteurs tels que l’accès à un financement concessionnel et le potentiel d’une croissance économique plus forte.

Des arguments qui rejoignent ceux d’Adolphe Noah Ndongo, le directeur général de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), organisme public chargé de la gestion de la dette au Cameroun. Face à la presse, il a indiqué que «le Cameroun ne compte aucun arriéré de paiement de dette extérieure ». De plus, « diverses mesures ont été instruites par le président de la République pour assurer le paiement régulier des échéances de la dette », poursuivait-il. En outre, les emprunts contractés par le Cameroun ont principalement financé des projets structurants. Entretemps, le niveau d’endettement du pays reste en dessous du critère de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) qui prescrit un seuil de dette publique inférieur à 70% du produit intérieur brut (PIB). Par ailleurs, le Fonds monétaire international(FMI) dans une publication récente intitulée « Perspectives économiques pour l’Afrique », indique que le Cameroun figure parmi les moins endettés en Afrique subsaharienne avec un taux d’endettement projeté de 39,6% en 2024 contre 46,8% en 2021. Une résultante de la politique de gestion rationnelle de la dette publique implémentée depuis six ans par l’actuel ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Elle consiste entre autres, à la maîtrise du coût du crédit et de l’échéancier des crédits et surtout l’anticipation sur le risque par les services du Trésor pour ne citer que ces aspects. A titre d’illustration, le Cameroun réussi en 2021 à renégocier à des conditions très favorables son eurobond.

QuELQuES PoiNtS à améLioRER

D’autre part, l’agence de notation financière relève aussi l’atténuation des risques pesant sur la position de liquidité et la discipline de paiement du Trésor en dépit de la faiblesse persistante de la gouvernance. « Notre position se fonde sur des mesures contenues dans le programme en cours du Fonds monétaire international (FMI) visant à améliorer le cadre de gestion de trésorerie. Cela devrait atténuer les défis techniques qui ont conduit au défaut du Cameroun en 2022 », commentent les analystes de S&P Global Rating. Toutefois, « les risques sécuritaires dans la partie anglophone du pays et autour du lac Tchad, ainsi que les interrogations liées à la succession du président de la République, Paul Biya augmentent considérablement l’incertitude », note-t-elle.

Qu’à cela ne tienne, la nouvelle notation du Trésor camerounais prend également en compte les économies budgétaires attendues de la suppression partielle des subventions de carburants. En outre, selon les perspectives économiques, le pays devrait connaître une croissance réelle de son produit intérieur brut (PIB) qui s’établirait à 4,2% sur la période 2024-2027. Celle-ci serait portée par l’augmentation des investissements dans les grands projets d’infrastructure liés à l’énergie, aux communications et aux transports. Ces projets devraient faciliter l’accès à l’électricité et améliorer le réseau de transport, améliorant ainsi la productivité globale. De quoi rassurer la communauté des affaires qui s’inquiétait sur la double dégradation de la note souveraine du pays par les agences de notation Moody’s et Standard and Poor’s.

Cet article a été écrit et publié en premier par Le Financier d’Afrique

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